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 Marcel
 Noėlle
 Serge
 Georges
 Robert
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Robert nous a quittés

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> [ Article écrit par Francis et paru dans l’Est-Eclair du 30 juin 2007 ]
Il n’y a pas de belle mort, mais il y a des morts qui sont le
symbole d’une vie. Robert Godin est mort jeudi à midi,
dans la Grande-Rue d’Eaux-Puiseaux, probablement à la
suite d’un malaise sur sa Mobylette. Depuis toujours il
était le porteur de journaux pour les lecteurs au numéro.
L’Est Eclair dans la sacoche de gauche, Libération
Champagne dans celle de droite. Quel que soit le temps, tous les jours
de l’année. Beaucoup de lecteurs ne prenaient pas
l’abonnement par la poste pour avoir sa visite. Il apportait
également des petites courses aux personnes âgées,
des médicaments qu’il allait chercher à la
pharmacie dans le village d’à côté. Car
robert a toujours vécu comme cela, au service des autres.
Né il y a 78 ans à Eaux-Puiseaux, il a longtemps
représenté à lui tout seul tout le secteur
tertiaire du village. Facteur et postier, secrétaire de mairie
pendant plus de trente ans, avec Messieurs Mennerat et Lagoguey comme
maires, dépôt de gaz, petite épicerie, bonbons et
graines de fleurs, livreur de journaux. Il a aussi été le
correspondant du journal pendant une dizaine d’années
à la suite de Monsieur Courtin et secrétaire de la
société de chasse, un de ses plaisirs qu’il
partageait avec ses amis d’Eaux-Puiseaux. Ceux-ci ne manquaient
pas de venir lui rendre visite chez lui, dans l’ancienne poste,
où il vivait seul, pour boire un petit coup en passant.
Personnage incontournable de la vie du village, il semblait
éternel, ne changeant en rien son circuit, circulant sur sa
Mobylette bleue, que l’on voyait souvent garée sur la
route devant les maisons où il avait ses habitudes. C’est
d’ailleurs en partant de chez des amis où il avait
livré des médicaments, qu’il est tombé.
Malgré les soins prodigués par les pompiers
d’Eaux-Puiseaux, du CSP d’Ervy, du Samu, il n’a pu
être ranimé. Nul n’est irremplaçable, comme
dit l’expression, mais il fait partie des gens qui vont beaucoup
manquer. [ Allocution du Maire lors des obsèques ] Nous
sommes réunis cet après midi, ici à Eaux-Puiseaux,
pour porter en terre quelqu’un que nous connaissions tous et qui
nous connaissait tous : ROBERT GODIN. C’est le dernier
descendant d’une vieille famille de Puisotins : Il est né
le 8 mai 1929, le dernier de 4 garçons dans la ferme de
ses parents, au Chêne Millot, ferme où ces parents,
agriculteurs, avaient une entreprise de battage. Après ses
classes dans l’école du village, (les anciens se
rappellent de Robert qui descendait du Chêne Millot avec sa
grande pèlerine, et qui passait prendre son copain Serge, rue de
la Fontaine) il travailla chez ses parents, puis en 1962, sur
l’instigation du maire de l’époque, Mr. Mennerat,
Robert rentre à la poste. Il fait des remplacements dans
les différents villages des alentours, avant de se fixer
à Eaux-Puiseaux, dans l’agence postale du village. Il
connaît tout le monde et va chez tout le monde livrer, dans un
premier temps le courrier, puis prend les commandes de produits dont
les gens ont besoin et qu’il va livrer sur sa légendaire
mobylette. Aimable, gentil et serviable, il devient la personne
indispensable pour aider et faire communiquer les gens. Dans son
logement ; il établit un petit commerce de proximité,
où il vend des cigarettes, des bonbons, de la graineterie, des
bouteilles de gaz. Parallèlement à ces occupations, il
devient secrétaire de mairie, tâche qu’il occupe
pendant 34 ans avec M. Mennerat et M. Marcel Lagoguey. Et encore
aujourd’hui, nous admirons dans les registres d’état
civil qu’il a rempli, sa belle écriture, fine et ronde.
Après sa retraite, il continue de sillonner plusieurs fois par
jour le pays, livrant des journaux, allant à la pharmacie pour
chercher des médicaments pour les personnes sans moyens de
locomotion. Doté d’une excellente mémoire
c’était la gazette du pays ; il est le correspondant local
de la presse Troyenne. C’était un excellent chasseur et un
bon spécialiste des champignons qu’il savait très
bien accommoder. Il est Partit jeudi, brutalement, après avoir
rendu un dernier service. Tout le monde se souviendra de lui, et notre
village va être perdu pendant un certain temps, car il
représentait une partie de l’histoire et de
l’évolution de notre village pendant les cinquante
dernières années. La commune, par mon nom,
présente à sa famille et tous ses nombreux amis ici
présents, toutes ses sincères condoléances.
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